Odile Espagno
(Odile Dethieux)
Ma petite Maman,
C’est un exercice bien difcile de résumer votre longue vie en quelques
lignes… Vous êtes née à Lyon le 27 août 1927 (vous avez toujours aimé
l’ordre et les moyens mnémotechniques…), dans la Manufacture des Tabacs
disiez-vous toujours en souriant, vous qui n’avez jamais fumé.
Vous êtes la lle de Jean Déthieux et de Simonne Croiset, tous deux
originaires de Villefranche-sur-Saône, déjà parents d’une première lle
Madeleine (surnommée Mady), puis suivirent Andrée, Marie-France et enn
en cinquième position Philippe, le garçon tellement attendu.
En 1931 votre père, polytechnicien, est appelé au ministère à Paris toute
la famille déménage. Vous êtes alors scolarisée à Sainte Marie de Neuilly.
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En 1937 votre père devient Administrateur - Directeur Général
de la Société Job dont le siège était à Toulouse. Toute la famille
le suit et s’installe au 52, allée des Demoiselles (adresse prédestinée). Vous
nous racontiez comment, ayant entendu parler de Toulouse, vous étiez allée
rechercher sur un atlas où se trouvait cette ville : elle était bien loin de Paris
et du Beaujolais où vous passiez toutes vos vacances aux « Balmes » dans le
village de Beauregard où habitaient vos grands-parents paternels.
Sur les conseils de Madame Daniélou, votre père inscrivit ses quatre lles
à la « Pension Bertrand » (devenue « Saint Thomas d’Aquin »). Vous étiez
une bonne élève malgré la grave péritonite qui vous avait tenue éloignée de la
pension pendant plusieurs mois. Vous avez beaucoup aimé ces
années au cours desquelles vous avez noué des amitiés pour
toute votre vie, tout particulièrement avec Christiane Guitard (Christiane
Bagnéris), Ghislaine de Montrigaud (Ghislaine d’Arodes) et Marguerite
Fontvielle (Marguerite Mialhe).
Votre baccalauréat obtenu, vous vous êtes inscrite à la faculté d’Histoire.
Vos parents vous avaient autorisée à participer à des soirées. Lors de
l’une d’elles, vous avez rencontré un certain Pierre qui fut subjugué par la
charmante jeune lle que vous étiez (vous nous racontiez que vous lui aviez
parlé de... Saint François d’Assise).
Il s’arrangea pour qu’un ami commun organise une autre rencontre, et il
fut alors sûr de lui. De votre côté il vous plaisait bien, car vous le perceviez
solide. Lors de votre troisième rencontre, il vous a demandée en mariage.
Vous avez dit oui (tout en lui faisant remarquer que vous ne connaissiez
même pas son nom de famille…). Vous aviez 19 ans.
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Il fallait faire vite car votre père avait décidé de transférer le siège de
la société Job à Paris. Les fiançailles eurent lieu en septembre 1947 aux
Balmes et le mariage célébré à Paris le 6 décembre suivant, en l’église Sainte
Elisabeth, lors d’une messe présidée par le Père Foulquié SJ. qui avait été le
professeur de philosophie de celui qui était devenu votre mari.
Jeunes mariés, vous vous êtes installés à Muret, avenue Saint Germier,
dans une petite maison trouvée miraculeusement car il était très difcile de
se loger immédiatement après-guerre. Papa se destinait à reprendre l’étude
notariale familiale. Muret était alors un gros bourg encore rural, et vous
vous régaliez d’entendre le garde-champêtre proclamer ses annonces et le
maréchal-ferrant ferrer bœufs et chevaux sur les Allées Niel.
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Dès octobre 1948 ce fut la naissance de Christian, en août 1950 celle de
Béatrice, en janvier 1952 celle de Jean-François, en 1956 Dominique et enn
Isabelle en novembre 1962.
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Entretemps vous aviez déménagé dans une maison que vous aviez fait
construire avenue des Pyrénées, toujours à Muret. Bien entendu chaque été
toute la famille Déthieux se réunissait encore aux Balmes autour de grandes
tablées toujours plus fournies en convives d’une année sur l’autre. Au début
des années soixante, vous avez aménagé une partie du Secourieu, résidence
d’été de vos beaux-parents, nous allions désormais passer toutes les
vacances scolaires.
En 1965 vous avez eu la grande douleur de perdre votre père
bien-aimé (prématurément décédé à l’âge de 63 ans), suivi quelques mois
après de votre si chère « Grand-Mère », venue se réfugier auprès de vous.
En 1972, grande joie : naissance de votre premier petit-enfant, Claire (vous
aviez 44 ans) suivie de Florent, Garance, Camille, Aude, Blandine, Pierre,
Bertrand, Tristan, Bénédicte, Olivier et Sophie.
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En 1975 survint la plus grande épreuve de votre vie : en rentrant de
vacances au mois de septembre, Papa ressentit de fortes douleurs dans le
dos. Très rapidement tomba un terrible verdict. Vous avez tous deux lutté
contre la maladie inexorable qui emporta Papa en décembre. Il avait 55 ans
et vous 48 ans.
Vous vous retrouviez seule avec vos cinq enfants dont aucun n’avait ni
ses études et alors qu’Isabelle n’avait que 13 ans. Il vous a fallu tellement de
courage pour ne pas vous effondrer, mais l’amour de vos enfants et petits-
enfants l’emporta : nous avions tous trop besoin de vous.
Il fallait continuer, mais ce fut inniment difcile et 50 ans après vous
nous disiez avec la même émotion combien Papa vous manquait toujours
autant. Vous savoir maintenant réunis nous console un peu…
Dès lors vous vous êtes consacrée à vos enfants et petits-enfants, les
prenant dès que les parents en avaient besoin, récupérant tous ceux qui
étaient atteints des inévitables maladies infantiles et réunissant tout le monde
au Secourieu, vous passiez désormais six mois par an, avec souvent plus
de vingt personnes à demeure.
Alors que vous aviez 60 ans, vos petits-enfants devenant adolescents et
ayant moins besoin de vous, vous avez repris des études et obtenu un diplôme
d’études bibliques auprès de l’Institut Catholique de Toulouse.
Et puis vous avez eu la grande joie de voir arriver une nouvelle génération,
celle de vos arrière-petits-enfants : Maxime, Louise, Eve et Ambre, Capucine
et Antoine, François, Célia et Marin, Ismaël, Timothée et Alban, Maria-Line
et Joud, Philippine et Louis.
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À 70 ans, une grave fracture du col du fémur vous immobilisa pendant
plusieurs mois. Hors de question pour vous de rester sans rien faire, alors
vous vous êtes inscrite au CNED pour suivre des cours de latin, au grand
ébahissement de vos petits-enfants qui vous ont demandé : « Mais qui vous
oblige ? » mais qui étaient ensuite ravis de vous interroger sur vos notes
chaque semaine – elles étaient toujours excellentes.
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Pour vos 80 ans, toute la famille partit ensemble pour une croisière sur le
Danube (c’est vous qui aviez choisi la destination), nous étions 30 ; et pour
vos 90 ans, nouvelle expédition cette fois-ci au Sud du Portugal : la famille
ayant prospéré, nous étions 50 !
En 2019 il fallut faire le choix d’une résidence unique, et ce fut l’installation
dénitive au Secourieu.
L’année 2020 fut bien difcile avec 7 interventions chirurgicales en trois
mois. Mais à force de volonté et entourée de l’amour de tous vos descendants,
vous avez remonté la pente !
La vie continua au Secourieu, ponctuée de visites de la famille et d’amis,
et jusqu’en 2024 avec des départs en vacances que vous aimiez tant, mais
vous n’étiez jamais aussi heureuse que quand vous aviez tous vos « petits »
autour de vous.
Depuis un an, votre cœur donnait des signes de fatigue (il faut dire que
vous l’aviez beaucoup sollicité). A plusieurs reprises il fallut partir en urgence
avec les pompiers pour des hospitalisations qui vous étaient à chaque fois
très pénibles.
Jeudi dernier, cela n’allait pas très fort. Vendredi, Jean-François est venu
passer la journée avec vous. Vous avez déjeuné de bon appétit avec
Jean-François et Dominique, puis vous vous êtes reposée.
Vous vous êtes levée à nouveau pour le dîner, mais vous étiez vraiment
fatiguée, aussi Jean-François et Dominique vous ont raccompagnée
dans votre chambre. À peine allongée vous avez perdu connaissance et
quelques minutes après vous vous êtes endormie dans la paix, deux de vos
ls à vos côtés, paisiblement, sereinement, avec la délicatesse dont vous
avez fait preuve toute votre vie.
Nous étions le vendredi 1er mai, au temps Pascal, premier jour d’un mois
marial et fête de Saint Joseph.
Vos enfants
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Accueil
Orgue
REFRAIN
Lumière des hommes, nous marchons vers toi.
Fils de Dieu, tu nous sauveras.
Ceux qui te cherchent, Seigneur,
Tu les conduis vers la lumière,
Toi, la Route des égarés.
Ceux qui te trouvent, Seigneur,
Tu leur promets vie éternelle,
Toi, la Pâque des baptisés.
Ceux qui te suivent, Seigneur,
Tu les nourris de ta Parole,
Toi, le Pain des invités.
Mot d’accueil
Témoignage
Rite de la lumière :
REFRAIN
Dieu est amour.
Dieu est lumiere.
Dieu notre pere.
En Toi Seigneur, point de ténèbres.
Ton Esprit est Vérité.
Si nous marchons dans la lumière,
Nous tenons la main de Dieu.
Nous contemplons en tout visage
Ton Amour, Seigneur Jésus.
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En toi, Seigneur, la joie parfaite.
Nul ne peut nous la ravir.
Sur nous la mort n’a plus d’empire :
Nous vivons en ton Amour.
Nous attendons dans l’espérance,
Ton retour, Seigneur Jésus.
Un jour enn, dans la lumière,
Le Seigneur nous recevra.
A Jésus-Christ, à notre Père,
A l’Esprit, gloire sans n.
Liturgie de la Parole
Première lecture :
Lecture du livre d’Isaïe (Is 25, 6a 7-9)
Le jour viendra
Où le Seigneur, Dieu de l’univers,
préparera pour tous les peuples un festin sur sa montagne,
Il enlèvera le voile de deuil
qui enveloppait tous les peuples
et le linceul qui couvrait toutes les nations.
Il détruira la mort pour toujours.
Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages,
et par toute la Terre il effacera l’humiliation de son peuple ;
C’est lui qui l’a promis.
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Et ce jour-là, on dira :
« Voici notre Dieu,
en lui nous espérions, et il nous a sauvés ;
c’est lui le Seigneur,
en lui nous espérions ;
exultons, réjouissons-nous :
il nous a sauvés ! »
Le lecteur ajoute : PAROLE DU SEIGNEUR
L’assemblée répond : NOUS RENDONS GRÂCE A DIEU
Psaume 62
REFRAIN
Mon âme a soif du Dieu vivant :
Quand le verrai-je face à face ?
Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.
Je t’ai contemplé au sanctuaire,
j’ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !
Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.
Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes.
Mon âme s’attache à toi,
ta main droite me soutient.
Alléluia (de Schutz)
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Évangile de Jésus-Christ selon St Matthieu (Mt 5, 1-12)
Voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte
de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !
Évangile des Béatitudes (Mt 5, 1-12),
Homélie
Prière universelle
REFRAIN
« Ubi caritas, et amor, ubi caritas, Deus ibi est »
Liturgie eucharistique
Pendant l’offertoire : « Cantique de la création »
REFRAIN
Mon Dieu, tu es grand, tu es beau
Dieu vivant, Dieu très haut
tu es le Dieu d’amour
mon Dieu, tu es grand, tu es beau
Dieu vivant, Dieu très haut
Dieu présent en toute création
Par les cieux devant toi, splendeur et majesté
Par l’infiniment grand, l’infiniment petit
Et par le firmament, ton manteau étoilé
Et par frère soleil, je veux crier :
Par tous les océans et par toutes les mers
Par tous les continents et par l’eau des rivières
Par le feu qui te dit comme un buisson ardent
Et par l’aile du vent, je veux crier :
Par toutes les montagnes et toutes les vallées
Par l’ombre des forêts et par les fleurs des champs
Par les bourgeons des arbres et l’herbe des prairies
Par le blé en épis, je veux crier :
Par tous les animaux de la terre et de l’eau
Par le chant des oiseaux, par le chant de la vie
Par l’Homme que tu fis juste moins grand que toi
Et par tous ses enfants, je veux crier :
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Chant de Communion
REFRAIN
À l’ombre du manteau de la Vierge Marie,
Buvez aux sources du Verbe de Vie !
Approchez-vous de cet autel
où Dieu vous attend,
Venez, vous les pauvres, les humbles !
Mangez le pain qui vient du ciel,
Le corps du Seigneur,
Livré sur la Croix pour le monde !
Buvez l’eau vive du salut,
Au cœur du Sauveur,
Fontaine de vie éternelle !
Recherchez au-dedans de vous
Le Dieu Trinité,
Présence d’amour et de grâce !
Que dans vos cœurs brille à jamais
La joie du Seigneur,
Vivez en enfants de lumière !
Temps de l’adieu
Magnificat (de Frère André Gouzes)
REFRAIN
Le Seigneur fit pour moi des merveilles,
et mon cœur exulte de joie.
En ma chair s’accomplit la promesse,
Alléluia, Alléluia
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Mon âme exalte le Seigneur,
Exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Son amour s’étend d’âge en âge,
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de Son bras,
Il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leur
trône, Il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
Il se souvient de son amour.
De la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et de sa race à jamais.
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,
Pour les siècles des siècles. Amen
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Chant d’absoute : Cantique de Syméon (de Sœur L. Martens).
Maintenant, Seigneur, Tu peux me laisser men aller dans la paix,
Maintenant, Seigneur, Tu peux me laisser reposer.
Tu peux laisser s’en aller ton serviteur, en paix selon Ta parole
Car mes yeux ont vu le salut que Tu prépares à la face des peuples.
Lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël ton peuple.
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit pour les siècles des siècles.
Un très grand merci :
À Monseigneur Xavier d’Arodes de Peyriague et à Monsieur l’Abbé
Ildephonse Nkiko qui ont concélébré, assistés de Monsieur Jacques
Dimitriadou, Diacre.
C’est une grande preuve d’amitié de la part de tous les trois,
Aux arrière-petits-enfants qui ont contribué à cette cérémonie : François
et Louis, servants d’autel et leurs cousins qui ont assuré la quête,
À Madame Marie-Agnès Dupré et aux choristes d’Auterive, qui ont
animé cette cérémonie,
À Madame Marie-France Gélard, organiste.
Un très grand merci à toutes les personnes qui ont pris soin de Maman
pendant ces dernières années :
Au Docteur Philippe Calléja pour sa grande compétence,
sa délicatesse et son empathie,
À Mesdames Christine Bonnet, Ludivine Fouet et Marion Ricome,
les infirmières qui venaient quotidiennement s’occuper
de Maman avec tellement d’attention,
À Mesdames Joëlle Ginestet et Lucie Lavigne, les deux kinésithérapeutes
qui aidaient avec tant de gentillesse Maman à conserver sa mobilité,
À toutes les gardes de nuit qui se sont relayées auprès de Maman
notamment Maka Lokoschvili et depuis quelques années Rachel Saux et
Nicole Bodelle, devenues de véritables amies.
À Madame Barbara Raynal, psychologue,
pour l’envoi des « ateliers mémoire » hebdomadaires,
À toutes les personnes qui appelaient régulièrement Maman ou venaient
lui rendre visite, et tout particulièrement Marina Minatel, Geneviève Seret
et Marie-Thérèse Gayrel, chacune de leurs manifestations d’amitié lui était
infiniment précieuse et illuminait sa journée.
Et un immense merci :
À Madame Rosa Amaral, pour sa présence quotidienne tellement
affectueuse et efficace depuis plus de trente ans aux côtés de Maman.